Plutôt bien perçu et ancré aux États-Unis, on constate l’ascension fulgurante des projets communs dans le monde du rap français ces dernières années.
En France, cette affirmation artistique commence petit à petit, à marquer son empreinte. De SVR de Kaaris et Kalash Criminel ou plus récemment Jusqu’aux étoiles de Leto et Guy2bezbar, on ressent de plus en plus cette envie de créer quelque chose de nouveau dans leur discographie.
Retour sur la complexité de se lancer dans un format encore trop peu développé dans le rap français.
« Rester dans sa zone de confort » : l’association d’un même univers
Pour concevoir un projet en total collaboration, les artistes concernés optent en général la carte « classique ». Généralement, ils préfèrent produire un album en accord avec leur domaine de prédilection.
Cette décision amène une certaine facilité dans sa direction artistique et ouvre alors à un épanouissement complet dans sa création. Cependant, cette option est loin d’être facile puisque les attentes autour du projet créeront une haute exigence des auditeurs.
Attardons-nous rapidement sur SADIO RYIAD, projet commun entre Freeze Corleone et Ashe 22. L’objectif principal des soldats de la Ligue des Ombres était de nous envoyer un projet marquant autant dans son alchimie que dans l’engouement à l’idée de savoir que ces deux artistes s’associeraient sur un seul et même projet.
Très souvent remarqué lorsque l’artiste sénégalais et l’artiste algérien se rencontrent, une grosse communauté fan de rap et du 667 réclamait quelque chose de plus profond.
Au jour de sa sortie, SADIO RYIAD prend un tout autre tournant. Bien au-delà de ce qu’on attendait, une vague de critiques sur les réseaux est venue ternir ce projet en le considérant « sans couleur » et décevant.
Comment expliquer que des collaborations aux États-Unis tels que Without Warning de 21 Savage et Offset viennent marquer de leur empreinte à l’inverse du projet de Freeze Corleone et Ashe 22 ?
Serait-ce à cause des préjugés qu’à la communauté rap français dans la conception d’un projet commun ? Les projets en question sont-ils trop conformés à la « zone de confort » des artistes lors de sa conception ?
« Sortir de sa zone de confort » : À la découverte de nouveaux styles
Contrairement à l’opinion publique, nombreux sont les artistes qui s’interrogeront sur l’image et la texture que portera un éventuel projet commun. C’est souvent le cas quand une direction artistique est produite par les beatmakers eux-mêmes.
Dans TANGERINE de Bricksy & 3g, la collaboration entre les deux producteurs français porte une toute nouvelle couleur et donne naissance à des tracks uniques en leur genre. Ces coopérations donnent places à de nombreuses surprises et nous permettent en tant qu’auditeur, de découvrir des choses nouvelles.
C’est également le cas de snorunt en compagnie de dj33needler. Sa musique étant atypique, elle regroupe un mélange d’emo-rap, d’hyperpop ou encore de la DNB / 2step. Dedans, on y retrouve des guitares, des synthés électro, des percussions parfois acoustiques et saturé.
Le fait qu’un artiste et un producteur s’associent sur un seul et même projet, cela multiplie une fois de plus des sonorités incomparables.
En conclusion, cet article vise à mener une réflexion plus poussée sur la création d’un projet commun, sur nos attentes et les critiques que l’on peut avoir à son égard.

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