par | Avr 14, 2023 | Chronique, Rap, Rookies

CHRONIQUE: Damlif,un esprit tourmenté aux nuances bleutées

Paul

Rédigé par Paul D.

Après avoir dévoilé Marcelle, EP aux sonorités aussi planantes qu’envoûtantes, Damlif nous révèle sa nouvelle création, intitulée MAISON À L’AIDE.

Le jeune artiste parisien continue de déclamer ses émotions à la pointe son art.

Qui est Damlif ? 

Avant de rentrer dans le vif du sujet avec le nouveau projet de l’artiste signé chez la 75e Session, prenons le temps de revenir un instant sur sa carrière.

Principal architecte de ses projets mais toujours entouré d’une équipe digne de ce nom, Damlif commence par s’inspirer des artistes de la chanson française tels que Michel Jonasz ou encore Renaud. Il s’est construit également grâce au rap anglophone de Rejjie Snow ou d’Earl Sweatshirt. 

Mettant au cœur de sa musique une libre compréhension de ses émotions face à ses auditeurs, chacune de ses créations laissent une vague interprétation de ce que l’on peut écouter, comprendre, ou encore analyser à travers ses textes.

Signé dans le célèbre label de la 75e Session, il s’entoure de grands compositeurs tels que Toboë ou encore Sheldon pour l’épauler dans la conception d’un projet à l’image de sa musique.

Après vous avoir présenté Damlif dans ses grandes lignes, jetons-nous dans son nouvel EP MAISON À L’AIDE.

Carte d’identité de MAISON À L’AIDE

Composé de 8 titres dont 1 en featuring avec Zinée, autre artiste du label, le projet succède à Marcelle, dernier EP en date de l’artiste. 

Damlif a travaillé cette nouvelle création avec des têtes familières telles que Sheldon, Toboë, Vidji Stratega ou encore yung.coeur… On constate son souhait de continuer sur les bases solides qui ont fait de Marcelle un projet artistiquement complet.

Toutefois, au premier abord, le titre du projet semble assez énigmatique. Il donne envie aux auditeurs de s’y immiscer pour essayer de comprendre sa signification.

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Damlif, un esprit rempli de conflits intérieurs

Régulièrement présent dans une discographie, les tourments et la perdition montrent l’humain qui se cache derrière cette posture d’artiste.

Tout au long des 8 titres, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai relevé des situations de doute. Cette partie commence dès l’introduction où sous cette prod envoûtante, Damlif se dévoile comme une personne qui se pose énormément de questions. Se comparant à une ombre ou se voyant à travers un fantôme, ce sentiment néfaste le plonge dans une mélancolie aussi pesante que planante pour les auditeurs. 

La collaboration avec Zinée peint avec douceur les tourments de l’artiste. Comme il le dit si bien, « sa machine dans la poitrine » laisse peu de places à ses sentiments. Damlif est comme bloqué et condamné à être seul face à ses problèmes. Le doute bat son plein dans ce titre. De ce fait, perplexe, j’ai eu cette impression d’avoir écouté presque 4 minutes de musique sans forcément avancer dans mon analyse. Après plusieurs minutes de réflexion, j’en ai déduit qu’il ne fallait pas chercher plus loin. Effectivement, les réponses à mes questions n’en possèdent pas réellement. L’incompréhension de Damlif montre qu’il est positionné entre 2 mondes : ses pensées et la réalité. 

Dans « Bleue », une de ces paroles a attiré mon attention : « Mon cerveau aime me faire croire que les choses sont foutus ». Elle renforce ma conviction que l’artiste est torturé par ses démons et ses contradictions intérieures. Le conflit intérieur de Damlif se veut de plus en plus oppressant sur sa situation.

Au-delà des doutes, l’artiste parisien dévoile une autre facette de sa personnalité : le mensonge. Omniprésent dans un de ces titres « Mentir ah ça j’aime », j’ai cette forte impression que son utilisation sert à masquer le fond de ses pensées.

L’outro de l’EP par exemple n’est une infime partie où il le fait ressentir. Le fait qu’il mente sur commande, à toute la planète et à soi-même, amène une certaine instabilité pour l’auditeur à capter le fond concret de ces dires. Pour tenter d’y échapper, Damlif essaiera tant bien que mal d’exprimer ce qu’il ressent à sa manière.

La couleur bleue sera un moyen un peu plus concret pour décrypter les messages qu’ils souhaitent nous délivrer.

Damlif, l’importance de la couleur bleue

Après les multiples découpes de chaque détails retranscrit dans ces paroles, j’ai été marqué par l’omniprésence d’une couleur : le bleu.

Dès l’introduction, Dan (de son prénom) annonce sa vision parmi des nuances bleutées, au travers d’une prod rappelant un cardioscope. Avant de se pencher sur celle-ci, on peut s’apercevoir que c’est donc le cœur de l’artiste qui dicte ses paroles tout au long de ces 2 minutes. 

Le « bleu gris » est synonyme de calme, de quiétude et de profondeur. Elle désigne certaines périodes où l’artiste parisien réussit à relever les moments de paix qui s’offre à lui. Le second, lui, est le « bleu nuit » désignant la mélancolie et l’univers hypnotique qui peut envahir l’esprit de Damlif. 

Suite de cette brève analyse, attardons-nous sur ses principales déclarations afin d’exploiter ses failles les plus profondes.

Dans « Mentir ah ça j’aime », le bleu se dévoile par la mer, changeante selon le temps. La mise en place de cette métaphore décrit une rétrospective d’une relation passée. La mer oscille entre le bleu gris et le bleu nuit. On imagine les différentes ambiances au travers ces deux nuances. 

« Tu brilles la nuit t’es mon fantôme. J’vois l’océan à travers ta robe noire » décrit les sentiments contraires qu’il peut ressentir auprès de cette personne. Plus simplement, les mots utilisés peuvent également faire écho au fait de vivre. Opposé à la noirceur et la mort, cette oxymore démontre les hauts et les bas qui peuvent affecter le moral d’un Homme.

Lors de l’écoute de « Carmaggedon », les mêmes thèmes sont retranscrits. À l’écoute du titre, on imagine aisément l’artiste au bord de mer, méditant sur ses créations et ses émotions. En outre, ses doutes, la mer, les nuances de couleurs sont la preuve même que cette association décrit étroitement Damlif face à ses nombreux tourments qui le hantent.

Néanmoins, un petit brin de couleur a marqué mon esprit. Dans « Bleue », le passage « J’ai sorti tes affaires bleues de mon coffre en bois pour matcher avec ton rouge à lèvres couleur framboise » montre qu’il a les capacités à distinguer d’autres couleurs à travers ses pupilles. Profondément marqué par ses tiraillements, Damlif ne semble pas être une cause perdue. En effet, il n’est pas condamné à ne voir que cette couleur analogue du ciel ou encore de la mer.

Par la force de belles rencontres et d’alter-égo merveilleux, sa vision assez sombre de la vie finira par se colorer grâce notamment à de futurs évènements radieux.

Conclusion sur MAISON À L’AIDE

En conclusion, MAISON À L’AIDE de Damlif est le genre de projet qu’il faut écouter simplement, en sachant prendre du recul. La simplicité est le maître mot pour consommer apprécier ses travaux artistiques.

De plus, si vous appréciez les travaux de la 75e session, vous ne pourrez qu’être ravi de déguster cet EP construit et acheminé par ce label rempli de personnes talentueuses.

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